Théière de style anglais en barbotine à décor de perruches.

Les barbotines, ces faïences conçues dans des moules

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Comme je suis dans ma série explication des techniques de fabrication des céramiques et que je chine et vends des barbotines assez régulièrement, je me suis dit qu’il serait intéressant d’écrire un texte à leur sujet.


On sait tous plus ou moins que les objets en céramique sont des pièces uniques façonnées sur un tour ou à la main à l’aide de colombins ou de petites plaques d’argiles que l’artisan assemble. En revanche, le « non initié » n’imagine peut-être pas qu’une barbotine vue en brocante ou chez un antiquaire est réalisée en série dans des moules.

Selon ce principe, le céramiste conçoit d’abord un modèle, le plus souvent en argile, plâtre ou bois. Ce modèle est ensuite recouvert d’une épaisse couche de plâtre puis laissé de coté durant le temps de séchage. Une fois sec, le plâtre est enlevé du modèle. Ce plâtre –  composé de plusieurs parties – constitue  désormais le moule qui pourra servir pour le « clonage » de dizaines, voire centaines de pièces. C’est donc une technique de fabrication relativement rentable et qui évite le gaspillage de matière.

Le céramiste prépare ensuite la pâte liquide qui sera coulée dans le moule et en tapissera les parois selon une épaisseur voulue. La pâte en séchant forme une coque qui sera démoulée, mise à sécher, ébarbée (le surplus sur les coutures est enlevé et lissé) puis cuite à basse température (entre 900°C et 1000°C). C’est finalement le même principe que celui des œufs de Pâques sauf que la pâte liquide du chocolat est cuite avant la mise en moule…

Après la cuisson dite de dégourdi, la pièce est poreuse et doit donc être émaillée. Cet émaillage (appelé aussi glaçure) est réalisé suivant différentes techniques : par trempage de la pièce dans un bain d’émail liquide, par pulvérisation, en peignant sur le biscuit au pinceau ou au pochoir, en appliquant une estampe, en apposant à l’aide d’une poire de la terre colorée liquide (c’est la fameuse technique dite « à la barbotine » qui rend certaines pièces de vaisselle si typiques).

Après la réalisation des décors à l’aide d’oxydes prévus à cet effet, la pièce en est au stade du biscuit peint. On la cuit une seconde fois à une température située aux alentours de 950 – 1050°C.

Pour identifier facilement les barbotines les plus courantes sur le marché de l’ancien, il suffit d’observer leur glaçure – celle-ci doit être particulièrement brillante – et de constater la présence de décors en relief. Ces deux caractéristiques, qui s’ajoutent au style particulier des pièces et décors, sont la marque de ce type d’objets très recherchés.

Vous pourrez donc trouver en chinant : des assiettes, des pichets anthropomorphes ou zoomorphes, des corbeilles à fruits trompe-l’œil, des jardinières, des bouquetières, des vases et bien d’autres choses plus ou moins insolites.

Les barbotines ont été fabriquées en majeure partie de la fin du XIXe jusqu’aux années 50 par des manufactures telles que Sarreguemines, Onnaing, Fives-Lille et Saint-Clément. Cette technique de fabrication (et surtout le style qui y est associé) est tombée un peu en désuétude au profit de la période moderniste des années soixante.


Quelques objets en barbotine en vente sur ebay