Tête de bélier en bronze

Bronzes d’art : le savoir-faire français du XVIIIe au début du XXe siècle

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L’achat récent d’une paire d’appliques anciennes m’a incitée à acquérir des connaissances dans le domaine des bronzes d’art, un domaine qui m’était jusqu’à présent peu familier. Voici une synthèse des mes recherches.

La France, et plus particulièrement Paris, a été un centre mondial de production de bronzes d’art au XIXe siècle. Cette excellence s’est illustrée dans les objets décoratifs, mais aussi dans l’éclairage : appliques, lustres, candélabres…

Un artisanat entre art et industrie

La fabrication de bronzes d’art reposait sur un savoir-faire hérité du XVIIIe siècle. Elle fut adaptée à une production plus large à partir du Second Empire (1852 à 1870). On y retrouve différents métiers :
– des fondeurs (ceux qui coulent le bronze brut),
– des ciseleurs (qui affinent les détails),
– des doreurs (application de la dorure à l’or fin ou au mercure),
– et des assembleurs.

Ce travail collectif visait à produire des pièces à la fois fonctionnelles, de grande qualité et très décoratives.

Des styles bien reconnaissables

La majorité des bronzes d’éclairage anciens s’inspirent des styles royaux du XVIIIe siècle, chacun avec ses codes :

 Louis XV (vers 1730–1760) : c’est le style rocaille, foisonnant, tout en courbes et contre-courbes, asymétrique, inspiré par la nature. On y trouve des feuilles d’acanthe, des coquilles, des fleurs, parfois des petits animaux ou des mascarons. Très ornemental, il donne souvent des appliques « en mouvement ».

Louis XVI (vers 1770–1790) : retour à la symétrie, à la clarté des lignes, et aux formes inspirées de l’Antiquité. Rubans, nœuds, perles, guirlandes, torchères et urnes sont fréquents. Le décor est plus « sage » et structuré que le Louis XV, mais tout aussi raffiné.

Empire (vers 1800–1820) : sous Napoléon, le style devient plus monumental. Les formes sont pleines, équilibrées, souvent inspirées de Rome ou de l’Égypte antique. Aigles, sphinx, palmettes, lauriers, étoiles décorent les bronzes. L’or bruni domine, parfois associé à des patines sombres.

Ces styles ont été abondamment repris au XIXe siècle, notamment sous Napoléon III ((1852 à 1870), avec parfois des combinaisons et des variations libres.

Les grandes maisons

Barbedienne : sans doute la plus connue. Ferdinand Barbedienne (1810–1892) s’est rendu célèbre par la reproduction en bronze d’œuvres antiques et de sculptures contemporaines. Il a aussi produit des objets d’éclairage, souvent signés ou marqués.

Denière : maison fondée au début du XIXe siècle, active jusque vers 1900. Très active dans le luminaire, avec des appliques à sujets mythologiques ou floraux, souvent finement dorées.

Beurdeley : maison prestigieuse de l’époque Napoléon III, très recherchée aujourd’hui. Leurs bronzes étaient particulièrement raffinés, avec une très grande qualité de ciselure et des finitions irréprochables. Ils travaillaient pour l’État et la cour impériale.

Thomire : Pierre-Philippe Thomire (1751–1843), d’abord fondeur et ciseleur, devient fournisseur officiel sous Napoléon Ier. Sa maison a produit des objets de luxe jusqu’au milieu du XIXe siècle, souvent inspirés du style Empire.



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