Connaissez-vous l’artisanat du bois à Madagascar ?

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Il y a quelques années, à Marseille du côté de Notre-Dame-du-Mont, j’avais acheté dans une petite boutique spécialisée en artisanat malgache, un petit pot à crayons en marquetterie de différentes essences de bois. J’avais été séduite par la qualité de ce travail qui demande beaucoup de raffinement et savoir-faire. Récemment, j’ai acheté une série d’objets originaires de Madagascar et me suis mise en quête d’informations sur l’artisanat de cette île lointaine, ancienne colonie française pendant près de soixante-dix ans. Je vous en livre une synthèse.

Un artisanat reconnu par l’UNESCO

La sculpture sur bois à Madagascar est un savoir-faire ancestral, particulièrement maîtrisé par les Zafimaniry, une communauté réputée pour ses techniques de menuiserie et de sculpture. Ce savoir-faire, inscrit au patrimoine immatériel de l’UNESCO, repose sur l’utilisation d’essences de bois endémiques telles que :

  • Le palissandre : un bois précieux, apprécié pour sa solidité et ses contrastes naturels.
  • L’ébène : un bois dur et noir, utilisé pour des détails décoratifs.
  • Le bois de rose : très recherché pour sa couleur unique.
  • Le varongy et l’hazoambo : essences locales utilisées pour leur robustesse et leur durabilité.

Certaines sculptures malgaches se distinguent par un jeu de couleurs naturel entre l’aubier clair et le duramen foncé, donnant un effet visuel saisissant. C’est particulièrement le cas d’une des statuettes que j’ai mise en vente sur ebay et que vous pouvez voir ci-après, à gauche.



Un art peu présent sur le marché international

Bien que d’une grande richesse artistique, la sculpture sur bois malgache est moins connue et diffusée que l’artisanat d’Afrique de l’Ouest. Plusieurs raisons expliquent cette relative invisibilité :

  • L’héritage colonial : Madagascar, colonisée par la France en 1896, a été intégrée dans un système économique favorisant l’exploitation de matières premières (bois précieux, vanille), plutôt que la promotion des objets d’art.
  • Une faible exportation des sculptures : Contrairement aux masques et statuettes d’Afrique de l’Ouest, collectés et valorisés en Europe dès le XIXᵉ siècle, les sculptures malgaches n’ont pas bénéficié du même engouement artistique.
  • Un lien colonial moins dense avec la France : Le nombre de Français en lien régulier avec Madagascar était plus réduit qu’en Afrique de l’Ouest, où la présence coloniale était plus massive. L’île étant plus éloignée et moins connectée aux circuits commerciaux et culturels, les objets artisanaux malgaches ont été moins ramenés en métropole. Contrairement aux missionnaires, administrateurs et commerçants présents en grand nombre en Afrique de l’Ouest, qui ont joué un rôle clé dans la diffusion de l’art africain, Madagascar a connu des échanges plus restreints avec la France.
  • Une perception plus en lien avec l’architecture que les objets : L’artisanat malgache est souvent associé à des éléments fonctionnels (portes, panneaux décoratifs) plutôt qu’à des objets symboliques, comme les masques africains qui ont marqué les courants artistiques occidentaux.

Si vous ne connaissiez pas l’artisanat malgache, j’espère que ce texte aura éveillé votre curiosité et vous aidera à repérer sur les brocantes ou en vide grenier les objets qui en sont issus.

À l’heure où l’artisanat populaire et ethnique suscitent un intérêt croissant dans une partie de la population occidentale, peut-être lassée des objets de mauvaise qualité provenant de Chine et n’ayant aucune valeur d’attachement, les sculptures malgaches mériteraient d’être reconnues au même titre que les créations artistiques africaines.


Liens :

UNESCO : Le savoir-faire du travail du bois des Zafimaniry

WIKIPEDIA : madgascar.