Vase Ciboure Garcia

Les fameuses céramiques Ciboure

Classé dans : Blog | 0

Quel que soit sa nature, chaque objet sur lequel on tombe en brocante ou vide-grenier raconte une histoire et parmi ces histoires certaines m’émeuvent plus que d’autres. Bon, disons que compte tenu de mon âge et de mes penchants, l’art populaire, l’artisanat, ça m’émeut plus que le monde des Pokémons. A chacun ses nostalgies n’est-ce pas ?

Les céramiques Ciboure au charme un brin désuet mais remarquablement décorées – souvent dans des camaïeux aux dominantes marron – m’ont interpellée il y a quelques années et ont aiguisé ma curiosité. D’où viennent-elles, sont-elles très anciennes, qui les fabriquait ? Des indépendants, de petites unités de fabrication, les chinois ? Non, je rigole !

On parle de céramiques Ciboure comme on parle de céramiques Vallauris ou  de céramiques La Borne. Les céramiques en grès Ciboure sont associées au village basque éponyme qui les a vu naître. Un joli village à l’architecture typique situé en bord de mer face à la commune de Saint-Jean-de-Luz.

L’histoire des céramiques Ciboure n’est pas très ancienne. C’est une création de toute pièce pourrait-on dire. Elle commence après la 1re guerre mondiale en 1919 lorsqu’un peintre, un ébéniste et un tourneur s’associent pour créer un atelier de céramique. L’association tourne court et en 1922, l’ébéniste Étienne Vilotte et sa femme Elise reprennent l’affaire et la développent jusqu’en 1945.

De 1945 à 1977, c’est le couple Fischer, Rodolphe et Suzanne, qui font marcher l’entreprise, puis en 1945, Max, leur fils, poursuit l’activité avec sa femme Carmen jusqu’à l’arrêt des fours en 1996.

Tous ont marqué de leur empreinte les créations et on peut y voir aisément 4 périodes.

L’inspiration grecque du début

Elle caractérise la production des débuts au cours desquels Louis Floutier,  le peintre et Marcel Lucat, le tourneur s’inspiraient des formes et motifs antiques en se plongeant dans la documentation présente à l’atelier et en observant le style Art déco en vogue à l’époque.. lui-même très inspiré de l’antiquité.

Le style basque des années 20-30-40

Avec Etienne et Élise Vilotte vient s’ajouter au style grec, le style basque. Celui-ci est développé, enrichi par une succession d’artistes décorateurs : Almès, Adrian Esteban, Jean Léon, Richard Le Corrone, Pedro Garcia de Diego, une demoiselle Morisson et également Suzanne Fischer. Le style basque de cette période emprunte au folklore, au monde rural. On y voit des maisons typiques à colombage, tout un tas de personnages plein de fraîcheur portant des costumes traditionnels. : danseur, bergers, paysans, joueurs de pelote etc.

L’après 2e guerre et les années 50-60-70

Durant cette période économiquement difficile, les pièces artistiques se vendent moins bien. Le couple Fischer, qui a racheté le fond, développe alors une production aux prix plus accessibles et orienté vers le tourisme. Il n’en reste pas moins que de nouvelles formes et techniques apparaissent au sein de l’atelier très influencées par le design épuré et les couleurs vives de l’art moderne.

De la fin des années 70 aux années 90

C’est la période durant laquelle tous les styles de céramiques inventés depuis la genèse continuent d’être produits en conservant un haut niveau de qualité et l’esprit « pièce unique.

Liens :

Les grès de la poterie de Ciboure. Histoire d’un style et d’une notoriété. Séverine Berger.

Reconnaître et estimer le grès de Ciboure.

La Poterie d’Art de Ciboure. Enfin magnifiée ! Ziburuko Arte Eltzegintza.